Excellence d’entreprise

Concentration, volonté… et Kaizen

On avance petit pas par petit pas, par de petites réussites, par des tentatives, par des échecs, par de nouvelles tentatives jusqu’à la réussite finale.
Gert Linthout

C’était samedi dernier à midi, nous prenions un café dans un bar gantois.

Notre fille, Hasse, âgée de 10 mois, nous accompagnait de ses petits cris joyeux, comme elle le fait souvent lorsqu’elle entreprend des choses – pour elle – sensationnelles comme se fourrer un emballage en papier dans la bouche. Ces dernières semaines, sont venues s’ajouter à ses petits cris des tentatives enragées de se redresser sur les mains et les pieds, probablement dans le but, louable certes, mais encore inaccessible, de faire ses adieux à son existence sédentaire. C’était également le cas samedi.

Sans m’attendre à un quelconque effet, j’ai posé un jouet sur le sol à 1,50 m d’elle : « Viens Hasse, essaie de l’attraper… ». Après quelques efforts et frétillements, le visage tout rouge, elle a abandonné la lutte. Mais elle est restée concentrée. J’ai posé un 2e jouet un peu plus près d’elle…

À nouveau stimulée, elle a rassemblé toutes les forces qui lui restaient et effectivement : après avoir fait un peu de surplace, elle a avancé, centimètre après centimètre, à la force des bras et de sa volonté. Jusqu’à ce qu’elle attrape le jouet. Décidée, elle a persévéré et a continué pour arriver à son deuxième trophée, celui qui lui avait d’abord paru trop éloigné ! Ça y est, elle rampait à quatre pattes…

En plus d’avoir suscité ma fierté paternelle, cet événement m’a également inspiré :

  • La concentration : la capacité qu’ont les petits enfants à se concentrer avec ferveur sur une seule chose est remarquable et leur permet de repousser leurs propres limites. Alors que nous, nous faisons ce que nous pouvons pour faire du multitasking et combiner plusieurs tâches à la fois, tout en sachant pertinemment qu’il a été démontré que cela entraînait une perte de temps de 30-40 % et pire : que nous ne faisions plus que rarement appel à nos réelles capacités. De récentes recherches sur le cerveau démontrent en effet que ce dernier est plus actif au repos.
  • La volonté : Hasse a réussi à parcourir ces longs centimètres pour une seule et même raison : il ne s’agissait pas (encore) d’une technique ou d’un talent, c’est ce qu’elle voulait le plus au monde ! Roy Baumeister et John Tierney ont écrit un livre intéressant sur le sujet : Willpower, rediscovering the Greatest Human Strength. Et personnellement, je suis plus que ravi que l’une des quatre valeurs de Möbius soit la « passion »;
  • Des objectifs réalistes : lorsqu’un objectif paraît irréalisable, il n’a pas « d’effet d’attraction ». Lorsqu’on travaille avec des sous-objectifs réalisables, cela motive les gens ;
  • L’art des petits pas : on avance petit pas par petit pas, par de petites réussites, par des tentatives, par des échecs, par de nouvelles tentatives jusqu’à la réussite finale. On n’atteint pas son objectif par une profonde réflexion, mais en entraînant ses muscles et sa technique pour se mettre en condition en vue d’atteindre son objectif. C’est vrai pour chacun, mais c’est également vrai pour les organisations.

Pas à pas, mais toujours concentrés sur leur objectif, les enfants atteignent des objectifs réalistes. Et c’est ce qui les fait évoluer à la vitesse de l’éclair. Peut-être que nous les grands avons encore quelquechose à apprendre de nos têtes blondes ?

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Gert Linthout