Excellence d’entreprise

La stratégie du panier de courses

Pendant le week-end aussi, je fais de l’implémentation stratégique!
Frederik Simoen

La sagesse populaire dit: “Ne faites jamais vos courses l’estomac vide“. C’est un bon conseil, je n’en disconviens pas, mais même l’estomac plein, une sortie au supermarché peut avoir des conséquences désastreuses. Voilà pourquoi je vous livre le conseil suivant: “Ne partez pas faire vos courses sans avoir établi une liste au préalable!“

Mon amie et moi, nous vivons chaque samedi le temps fort de notre semaine: les courses. Cette semaine, j’étais en train de me frayer un chemin à travers les allées du supermarché avec ma liste dans une main et poussant le caddie de l’autre, un self-scanner coincé sous le bras et un sac de pommes de terre en équilibre instable au bout de mes doigts lorsque, tout à coup, j’ai regardé la situation sous un tout nouvel angle. Pendant le week-end aussi, je fais de l’implémentation stratégique!

Formulation

Tout à coup, la liste dans ma main gauche m’est apparue comme le résultat d’un vaste exercice stratégique. Ce n’était plus une simple succession d’articles, mais bien plus que cela. La liste est ce qui nous empêche de remplir notre caddie de choco et de pain koala et d’en faire une orgie de tartines à la maison (devant la télé) pour rassasier notre estomac. Comment ce petit feuillet de mon bloc-notes Möbius réussit-il à faire cela? Lorsqu’on établit la liste des courses, toute une série de facteurs internes et externes entrent en ligne de compte:

  • Où et quand travaillons-nous la semaine prochaine?
  • Quelle est la météo que l’on prévoit?
  • Qui vient manger demain?
  • Mangeons-nous végétarien ou non?
  • Qu’y a-t-il encore dans le frigo qui doit être mangé très rapidement?

Sur la base de ces questions et d’autres, nous pouvons composer un menu pour la semaine à venir. Sur la base de ce menu (moins notre stock actuel), nous pouvons établir notre liste.

En avons-nous alors fini avec la stratégie? Loin de là! Nous n’avons pas encore mis un pied dehors, nous n’avons encore fait qu’un joli document visuel (le menu) et un plan d’implémentation (la liste des courses). Maintenant, nous devons faire en sorte de concrétiser tout cela!

Implémentation

Heureusement, nous avons notre liste. Elle nous guide à travers le magasin, nous indique ce que nous avons déjà fait et ce que nous devons encore faire. Ainsi, nous ne perdons pas de temps à parcourir chaque fois tous les ingrédients pour l’ensemble du menu. Cela nous permet de remplir notre caddie de la manière la plus efficiente et efficace possible.

Juste avant de passer à la caisse, je remarque qu’il y a une promotion sur les glaces (et j’en ai envie si j’en crois les prévisions météo…). Je me maîtrise, ce matin j’ai encore vérifié si nous avions suffisamment de glaces dans le congélateur à la maison et les ingrédients pour la tarte aux pommes me rassurent totalement: je n’ai absolument pas besoin de glaces supplémentaires. Nous avons réussi à éviter cette entorse à notre liste. Avant cela, nous avions déjà dû prendre une série de décisions dont nous n’avions au préalable pas tenu compte:

  • Il n’y a plus de basilic frais, prenons-nous un sachet de basilic séché ou allons-nous tenter d’en trouver ailleurs? Nous avons encore du basilic séché à la maison!
  • Nous avons besoin de cinq grosses tomates, mais les petites ont l’air meilleures. Nous prenons donc huit tomates!

Étant donné que nous savons tous les deux quel doit être le résultat final, nous pouvons prendre ces décisions facilement. Peut-être n’étions-nous pas totalement d’accord à la maison sur le menu de la semaine à venir, mais dans le magasin, notre objectif est clair et nous soutenons ensemble le même plan. L’unique décision que nous devons prendre à ce moment-là, c’est quelle est la solution de remplacement qui se rapprochera le mieux du plan. Nous ne remettons plus en question le plan lui-même. Heureusement, nous ne sommes que deux et nous nous correspondons bien, sinon cela durerait des siècles avant de pouvoir prendre cette simple décision. Cependant, l’affaire se corse lorsque nous nous séparons et que nous devons prendre des décisions séparément dont nous subirons par la suite tous les deux les conséquences. Une règle que je garde toujours en tête dans ces moments-là est “Happy wife = happy life“ (cela n’est qu’un petit aperçu de la sagesse infinie de Nathalie @NathVermassen).

Si nous suivions la liste trop à la lettre, nous ne sortirions jamais du magasin (parce qu’il n’y a pas de basilic frais) ou, à peine à la maison, nous devrions tirer la conclusion que le goût des tomates n’est quand même pas terrible. Si nous nous éloignions trop de la liste, nous ne sortirions jamais du magasin (parce que nous irions remettre en rayon les ingrédients destinés à la tarte aux pommes pour prendre des glaces mais qu’en chemin nous aurions soudain une folle envie d’éclairs).

Performance

À la caisse, nous pouvons évaluer clairement nos prestations. Tout est barré? Bien! Cela veut dire que nous avons au moins acheté tout ce dont nous avions besoin. Nous avons pris des articles supplémentaires? S’ils s’intègrent dans le menu que nous avions établi pour la semaine à venir, cela ne pose aucun problème. Et si, pour des raisons imprévues, nous avons dû apporter des adaptations au menu sur lesquelles nous sommes tous les deux tombés d’accord, est-ce un problème? Je préfère avoir bien mangé à la fin de la semaine que d’avoir exécuté fidèlement ce que nous avions prévu. Mais les avis peuvent diverger sur ce point.

Evaluation

Le fait de dresser cette liste depuis des centaines de semaines, nous a non seulement permis de bien manger, mais aussi de nous améliorer. Nous parcourons désormais le magasin dans l’ordre que nous avons établi afin que tout puisse être mis en bonne place dans le caddie: d’abord l’alimentation sèche en grands conditionnements, ensuite les bouteilles et les briques, puis quelques conditionnements plus mous comme les pâtes, les biscuits,… Dans le deuxième bac pliant, d’abord les fruits et les légumes, ensuite tout ce qui sort des frigos et, tout à fait à la fin, les surgelés. Nous n’avons pas seulement affiné nos processus, nous avons aussi revu la collaboration entre les systèmes: nous dressons la liste de manière à ce que tout soit écrit dans le bon ordre. Et dans nos armoires à la maison, nous essayons aussi de tout regrouper de la même manière que dans le magasin.

Avons-nous déjà atteint la perfection? Loin de là! Parfois nous découvrons de nouveaux produits, parfois l’aménagement du magasin change. (Même le magasin n’est pas parfait!) Nous pourrions aussi faire une partie de nos achats en ligne et ne nous rendre au magasin que pour les produits frais. Peut-être pourrions-nous aussi dresser notre liste de manière numérique? Que nous réservent encore à l’avenir le scanner domestique et le frigo intelligent? Tant que nous sommes capables de maîtriser notre consommation de choco, nous expérimenterons avec plaisir comment ces nouvelles possibilités peuvent nous aider.

Qu’avons-nous appris aujourd’hui?
1.La stratégie ne se limite pas à une simple liste de courses.
2.Le succès ne vient pas forcément de l’exécution des étapes prévues, mais du fait d’atteindre un objectif préalablement fixé.
3.Il est difficile d’atteindre ces objectifs sans les formuler. C’est pourquoi nous dressons des listes.
4.Un plan ne représente que la moitié du travail. Dans les limites du cadre de nos objectifs, nous devons aussi pouvoir en dévier.

Cela vous a donné envie? Avec la Möbius Strategy Experience, nous allons nous plonger plus en détail et de manière interactive dans ce sujet et bien d’autres. En une seule séance, vous vous mettrez dans la peau du CEO, dans celle du collaborateur et vous finirez dans celle du client. Contactez-moi pour plus d’informations!

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