Le département de stérilisation de demain

Les services centraux de stérilisation (SCS) de notre pays sont confrontés à divers défis. Tout d'abord, il y a de lourds investissements (de remplacement) dans l'infrastructure, les machines et l'équipement connexe qui s'annoncent. Il s'agit d'un défi particulier pour les petits services de stérilisation, car ils doivent répondre aux mêmes conditions que les grands services. Deuxièmement, les exigences imposées en matière de traçabilité des lots impliquent l'achat et la nécessaire mise en œuvre de logiciels appropriés.
Benjamin Lelubre

De nombreux services de stérilisation profitent de ces enjeux pour optimiser les flux et l’enregistrement des sets dans la zone de lavage, reconditionnement et libération d’une part, et pour s’interroger sur la composition des sets d’autre part.

Les changements que cela implique exigent beaucoup d’efforts et de compétences spécifiques de la part des responsables des SCS. Toutefois, ces compétences (p. ex. la conception et la supervision des changements) ne sont pas toujours disponibles aujourd’hui. En outre, une vision du fonctionnement future, au niveau du réseau ou non, est essentielle pour qu’une transition progressive puisse se dérouler de manière (financièrement) efficiente et efficace.

Lors de l’achat de nouveaux équipements, il est important de prendre en considération les aspects techniques (intégration au système de traçabilité, certifications, paramétrages,…), le besoin actuel et futur (une augmentation de 3% au Bloc opératoire peut représenter 10% en stérilisation), le flux (flux habituel et lors des entretiens ou pannes) ainsi que les contrats de maintenance (coût, délai avant première intervention, besoin de maintenance,…).

Pourquoi la traçabilité des sets et du système qui en découle est-elle si importante pour les hôpitaux ? Pour la simple raison que ces derniers sont tenus par le gouvernement de retracer tous les sets dans les services de stérilisation. Il est possible qu’il y ait bientôt aussi une obligation de traçabilité au niveau des instruments.

De plus, chaque département du SCS doit communiquer une stratégie numérique claire à la suite du passage au dossier patient informatisé (DPI). La transition numérique exerce une forte pression de travail sur les gestionnaires des SCS et leurs collaborateurs ; il est important de les décharger autant que possible des tâches non essentielles au cours du processus de changement et de porter une attention suffisante à la gestion du changement au sein du département. 

Outre l’importance des fonctionnalités de base des logiciels de traçabilité (moments du scanning, évaluation de l’exhaustivité des sets, fourniture d’instructions de lavage et de nettoyage, options pour des instruments et sets de prêt séparés, etc.), la compatibilité avec le DPI doit également faire l’objet d’une évaluation : Le programme SCS peut-il être relié au programme DPI et de gestion du bloc opératoire, le set utilisé peut-il être facilement affecté à une intervention ? La communication entre les programmes devrait également être prise en compte et permettre de répondre, par exemple, aux questions suivantes:

  • Un set peut-il être réservé pour une intervention dans le planning du Bloc?
  • L’heure de l’intervention peut-elle déterminer le moment auquel un set doit être stérilisé?
  • Dans quelle mesure le Bloc peut suivre où se trouve le set dans le processus de stérilisation?

Si l’on veut optimiser le flux au sein d’un processus SCS, il faut d’abord évaluer de manière approfondie les délais (de préférence aussi courts et constants que possible), la qualité (aussi élevée et constante que possible) et l’utilisation de la capacité disponible (les shifts de travail des employés, le remplissage des machines à laver, etc.). Étant donné que le flux d’arrivée du matériel au SCS varie en termes de temps, quantité et complexité, il est important de commencer par évaluer si les processus d’approvisionnement et de fonctionnement des sets fonctionnent de façon optimale. Ce n’est que dans ce dernier cas que les machines peuvent être utilisées efficacement.

L’efficacité ne doit pas seulement se traduire dans l’utilisation de machines, mais doit être garantie à chaque étape du processus SCS. Il est donc essentiel que les méthodes de travail soient coordonnées (par exemple, accords standardisés sur l’utilisation des différentes machines et des différents postes de travail), que les sets urgents soient bien définis et exécutés (par exemple, mise en place d’un flux à part, identification des sets), que les méthodes de conditionnement soient continuellement évaluées (conteneurs, emballages, laminé) et que le matériel soit stocké à un endroit approprié (grilles, paniers et autres), etc. L’hôpital Jolimont et le CHR Citadelle ont développé une méthode de travail standardisée pour les machines, en essayant d’éliminer autant que possible les activités sans valeur ajoutée.

Enfin, il convient d’examiner les avantages d’une centralisation des activités du SCS au niveau des réseaux. La coopération au niveau du réseau permet de partager les coûts, de mieux utiliser les sets disponibles, la capacité des collaborateurs (économies d’échelle) et d’investir davantage dans la qualité. À l’aide d’analyses de rentabilité, divers défis dans le domaine de la logistique, de la traçabilité et des services offerts doivent être portés à votre attention, afin que l’avenir puisse être envisagé avec un esprit ouvert. L’expérience nous a démontré qu’il fallait déployer des efforts suffisants à cet égard dans le volet ressources humaines de cette coopération au sein du réseau (en termes de statuts et de gouvernance) et qu’il devait exister une vision claire du travail avec des supports opérationnel standards (méthodes et approches).

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