Le paradoxe de Covid-19

Voir la plus grande crise des soins de santé coïncider avec ce que notre système de santé peut offrir de meilleur. Peu importe les personnes auxquelles j'ai pu parler, les mêmes messages reviennent sans cesse. Il y a un sentiment d'unité, on a réalisé tellement plus à court terme que ce qui aurait été possible autrement, il y a une coopération à l'intérieur et à l'extérieur des murs des établissements de soins, les possibilités technologiques sont exploitées. Cela contraste tellement avec les transitions parfois difficiles en temps "normal" où la méfiance et les intérêts financiers prévalent trop souvent.
Peter Willen

Jan Flament (https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2020/04/07/opinie-jan-flament-ceo-ziekenhuis-geel/) et Marc Noppen (https://www.tijd.be/politiek-economie/belgie/algemeen/dagboek-marc-noppen-crisis-betekent-doorbraak-van-telegeneeskunde/10219132.html) ont déjà souligné l’occasion historique qui se présente aujourd’hui à nous de remodeler les soins de santé. Mais quant à savoir s’il s’agira d’une promenade de santé, j’ose en douter.

Et puis se pose la question de savoir quels sont les ingrédients nécessaires pour rendre possible un nouvel éco-système en période d’après-crise. Il y en a sans doute beaucoup, mais voici déjà ce qui constitue mon top 5.

1. Je souhaite commencer par l’humilité. Avoir l’humilité de se savoir vulnérable et de se demander comment nous voulons être traités en tant que patient/client (aujourd’hui et à l’avenir) et ce qu’il faut pour cela. Voir ce qui se passe sur le terrain et écouter ce dont le patient, le client et l’entourage ont besoin, voilà ce que nous sommes censés faire. Un leadership humble est ce qui distingue les organisations qui réussissent de celles qui sont médiocres. Il n’y a pas de place pour les discussions en coulisses quand il s’agit de notre santé.
2. Au numéro 2, je place le point à l’horizon. Ces dernières semaines, tout a été mis en place avec un seul objectif : ” lisser la courbe “. Sans une telle destination finale (dans le nouveau “normal”) et sans savoir comment s’y rendre, nous ne pouvons pas nous attendre à ce qu’un nouvel éco-système de soins apparaisse spontanément. On a beaucoup écrit et débattu sur ce à quoi devraient ressembler les soins. Je pense que nous le savons à tous les niveaux. Il n’y a plus qu’à le rendre explicite et à agir en conséquence.
3. La transparence (financière) sera très importante. Il est tout à fait clair que les soins ont reçu l’appréciation qu’ils méritent au cours de la période passée. Ceci contraste également ici avec l’impact financier sur les hôpitaux et les centres de soins résidentiels (https://www.tijd.be/politiek-economie/belgie/federaal/ziekenhuizen-vrezen-financiele-schok/10218798.html). La pression – même avec un point à l’horizon – sera là pour vouloir améliorer les résultats financiers à court terme de n’importe quelle organisation. Dans combien de temps allons-nous revenir à nos bonnes vieilles habitudes ? Ou pouvons-nous peut-être nous diriger vers une collaboration durable sans prononcer le mot “fusion”? Pas si facile à court terme. Alors pourquoi ne pas essayer de travailler ensemble avec une transparence financière claire?
4. L’honnêteté et la responsabilité sont en train de devenir une clé importante à mon avis. On n’a pas le temps de jouer. Ni au niveau politique, ni dans les institutions. Nous allons devoir (oser) nommer/accepter les choses afin de prendre des mesures d’une part et d’autre part pour nous assurer que les bonnes personnes sont montées à bord. Tous les professionnels de la santé engagés méritent une communication honnête. Plus encore : les patients et les clients méritent d’être honnêtement informés. Les PROMs (https://www.mobius.eu/fr/telechargements/la-plus-value-dun-suivi-personnalise-de-patients-via-une-application-numerique-ainsi-quune-mesure-de-proms/) et les PREMs peuvent vous aider dans ce domaine.
5. Et enfin, la flexibilité et l’agilité. La seule certitude que nous ayons est qu’il n’y a pas de certitude. Flexibilité dans la capacité, agilité dans nos processus et infrastructures, flexibilité dans le déploiement des professionnels mais aussi dans le soutien des soins par la technologie … Il s’agira sans aucun doute d’un exercice d’équilibrage dans lequel nous trouverons un équilibre entre les économies d’échelle indispensables et l’agilité. Les économies d’échelle garantiront un retour sur investissement acceptable des investissements nécessaires, tandis qu’une plus grande flexibilité à l’intérieur ou à l’extérieur des murs d’un établissement de soins nous permettra d’absorber plus facilement les fluctuations, mais aussi de mieux faire face aux changements (non) planifiés. Un point d’attention est de trouver le bon équilibre, car il y a des limites ici aussi. En fin de compte, les économies d’échelle ne sont utiles que si le patient ou le client en sortent gagnants.

Ce ne sont là que quelques-uns des ingrédients qui permettent de saisir cette occasion historique, mais il y en a certainement beaucoup d’autres. N’hésitez pas à partager vos idées (https://www.mobius.eu/fr/ne-laissez-pas-le-covid-19-vous-dicter-votre-activite/).

Merci d'avoir lu

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